Ressources en ligne


Le musée Nicéphore Niépce est reconnu depuis 2005 « pôle ressources pour l’éducation artistique et culturelle » (PREAC) en photographie par les ministères de la Culture et de la communication  et de l’Éducation nationale. Dans ce cadre, il initie et propose des formations à destination de personnes travaillant dans le domaine de l’Éducation nationale, de l’art et de la culture. Artistes, historiens, théoriciens proposent des éclairages particuliers sur un des axes de réflexion de la pratique photographique.

En 2013, la formation s’est consacrée au thème :

L’image photographique à l’épreuve de sa matérialité,
Repenser le médium photographique à l’aune de son support.

La photographie est un objet

La réception de l’objet photographique procède de son identité technique mais aussi de nos propres modes de perceptions liés à notre savoir et à notre expérience sensorielle. Il conviendra donc de mettre en perspective et de reconsidérer la spécificité du médium photographique. Ceci afin de montrer que si une des vocations de la photographie est de nous parler du réel, le choix du procédé utilisé aura aussi une incidence sur la restitution de la réalité enregistrée.

Dans une période charnière, où les frontières entre images matérielles et virtuelles s’éprouvent mutuellement, de nombreuses questions surgissent sur les perspectives à venir. La photographie numérique n’est plus aujourd’hui obligatoirement associée, voire consubstantielle d’un support physique de lecture. Quelle modification cela suppose t-il dans  notre rapport à une photographie analysée de plus en plus pour ses référents visuels et débarrassée de son support ?

La matérialité photographique interrogée par les artistes

Le médium photographique nous renvoie aux mutations d’un objet qui n’a cessé de se renouveler pour le besoin des créateurs. Quelle part et quelle place la matérialité tient elle dans les choix opérés par l’auteur ?  Questionner le support, c’est s’interroger sur la possibilité de le réinvestir, le détourner. Face à un objet lié à la technofacture, le regard sur le médium l’a dans un premier temps relégué à une identité mécanique et industrielle. Le « retour de la main » a contribué à réhabiliter et légitimer la dimension plastique de l’œuvre. Des pictorialistes aux photographies de Peter Beard en passant par les supports grattés ou incisés de Peter Knapp, le médium photographique est un matériau inépuisable de la recherche et de l’expérimentation.

Une nouvelle génération de photographes 

Témoignage de jeunes artistes qui s’interrogent aujourd’hui sur de nouvelles formes de support pour valoriser leurs créations. Avec Morgane Denzler et Lola Reboud.

Rencontre / Témoignage d’auteur

Patrick Tosani interroge les potentialités et les limites de la photographie reconsidérée comme un véritable objet dans l’espace. Le choix du format et du support jouant un rôle majeur dans la perception du spectateur. Appréhender une image signifie aussi la possibilité d’une confrontation physique. Le rapport à l’image/objet lui confère de ce fait une dimension presque charnelle et sensorielle.

 "L’invention du négatif a vraiment fait naître la photographie. Il a permis deux possibilités essentielles : La reproduction et l’agrandissement. Ce dernier donne à l’image une présence physique. On peut se confronter à elle, la toucher, la parcourir. L’amplification de l’image par l’agrandissement a aussi un rôle compensateur. Il s’agit de compenser la perte du réel, l’appauvrissement des sensations, des limites et des faiblesses de l’enregistrement photographiques." Patrick Tosani

Le rôle du marché et les nouvelles postures des plasticiens  

La question du tirage original, du « vintage », reste la plupart du temps confuse. Lié dès l’origine à la propension de reproduction à l’identique, le support photographique se heurte au  « diktat » de l’unicité de l’œuvre. Suite à l’impact du basculement argentique / numérique, quel rapport le spectateur, l’amateur, le collectionneur entretiennent-ils aujourd’hui avec l’œuvre, le tirage ?

Après s’être confrontés à la légitimité plastique remise en question par cet aspect intrinsèquement lié à l’identité de l’image photographique, les auteurs et les institutions ont dû développer des stratégies pour contrôler et maitriser la production. Mais est-il possible ou plus prosaïquement est-il aujourd’hui nécessaire de préserver ce rapport physique à l’original ?

Découverte de l'exposition
Klavdij Sluban, Après l’obscurité - Une rétrospective 1992 - 2012 ,
 en compagnie de l'artiste