Maison Veuve Ambal


Depuis 2011, la Maison Veuve Ambal  participe à l'enrichissement des collections du musée en soutenant sa politique d'acquisition.
Le musée expose trois fois par an des images extraites de son fonds sur des thèmes divers au siège de la société à Montagny-les-Beaune.

Maison Veuve Ambal
Le Pré Neuf
21 200 Montagny les Beaune
03 80 25 90 81
www.veuveambal.com

Ouvert du lundi au samedi toute l’année
et le dimanche du 31/03 au 17/11
Horaires 10 h … 13 h / 14 h … 19 h
Entrée libre

Vues imprenables


Collections du musée Nicéphore Niépce
jusqu'à mars 2020

Le principe du panorama est imaginé dès la fin du XVIIIe siècle par des peintres. L’idée est de proposer au public une reproduction complète et grand format d’un paysage sur une toile de forme arrondie et éclairée par le haut. Pour le spectateur, la sensation est immersive. Différents brevets de ces dispositifs sont déposés et vite repris dans les grandes villes occidentales. A Paris, en 1800, l’académie des Beaux-arts écrit : « Le panorama n’est autre chose que la manière d’exposer un vaste tableau en sorte que l’œil du spectateur, embrassant successivement tout son horizon, et ne rencontrant partout que ce tableau, éprouve l’illusion la plus complète ».

Paysages familiers, vues exotiques, batailles célèbres, tous les sujets suscitent l’engouement populaire. Le succès de ces spectacles d’images sera immense durant tout le XIXe  siècle. Des améliorations successives perfectionnent encore le principe. Louis Daguerre, propriétaire du Diorama à Paris, utilise une toile translucide afin de modifier la lumière et ainsi faire évoluer le tableau. Le rapprochement entre photographie et panorama s’établit d’ailleurs avec lui. Le personnage mène de front spectacles d’images et recherches scientifiques pour l’amélioration du procédé photographique de Nicéphore Niépce.

La photographie, dès son invention, tente d’égaler, voir de dépasser, les capacités visuelles de l’homme. L’appareil photographique permet de voir plus et mieux : photographies microscopiques, aériennes, satellitaires, radiographie, images 3D…

Pour offrir un champ de vision supérieur à ce que peut embrasser l’œil humain, on développe très tôt la photographie panoramique. On ambitionne d’enregistrer la réalité toute entière, de la décrire avec le plus de précision possible, pour connaitre, mesurer, voire parfois surveiller, ou dominer.

Pour constituer un panorama, différentes techniques sont mises en œuvre. Il peut s’agir d’une vue faite en une seule prise avec un appareil photopanoramique ou d’un photomontage composé de plusieurs vues juxtaposées. L’image peut également être réalisée à l’aide d’un objectif pivotant. Dès 1844, le photographe Frédéric Von Martens réalise des daguerréotypes panoramiques de Paris, grâce à un appareil balayant le paysage à 150 degrés. L’appareil panoptique le Cyclographe de Damoizeau permet dès 1891 de couvrir un champ de vision de 360 degrés, ceci grâce aux pellicules souples qui s’enroulent au fur et à mesure de la prise de vue.

Les photographes amateurs s’emparent dès la fin du XIXe  siècle de ce format. Le goût du voyage et les prémices du tourisme développent le phénomène. Le photographe bouscule les notions traditionnelles de cadrage et de perspective pour partager les meilleurs points de vue observés grandeur nature lors de ses visites.

Avec les « chromos », ou « chromolithographies », le format panoramique se combine à la couleur ajoutée au début du XXe siècle. Les vues souvenirs de lieux touristiques, monuments, ou sites naturels, aux couleurs plus qu’idéalisées, se multiplient. Rapidement la production devient abondante. Ces jolies vues colorées décorent alors nombre d’intérieurs de maisons, bourgeoises ou ouvrières. Lourdes, la Côte d’Azur, les Alpes, etc., autant de paysages pittoresques, typiques, qui font entrer dans le quotidien des images idéalisées d’un ailleurs rêvé.

Donnant l’illusion d’un point de vue sans limite, la photographie panoramique est une ouverture sur le monde. Le paysage devient spectacle.

Maurice Durville,


Viva Mexico !

Collection musée Nicéphore Niépce
Du 20 mars au 21 juin 2020
Inauguration : jeudi 19 mars 2020 à 19h

Maurice Durville [Cormatin 1921 – Paris 1975] est passionné de photographie. Il constitue une collection d’appareils et de clichés anciens. Il la pratique aussi, dans le cadre professionnel comme directeur publicitaire chez Renault, ou lors de ses nombreux voyages, aux U.S.A., en Asie, ou en Amérique Latine.
L’exposition Viva Mexico ! présente ses photographies réalisées au Mexique à la fin de l’année 1970. Loin des clichés touristiques pittoresques, le photographe capte l’ambiance des rues grouillantes de vie, observe les artisans et les vestiges d’une époque antérieure à la conquête coloniale. Probablement influencé par la publicité, Maurice Durville s’accorde avec son époque et travaille en diapositives couleur. Fasciné par ce territoire il nous offre une suite d’impressions, un pays hors du temps et bigarré.

En ce début des années 1970 beaucoup de voyageurs prennent la route du nouveau monde. Influencés par les textes d’Antonin Artaud, de Malcolm Lowry ou Jack Kerouac, les routards tentent l’expérience initiatique au Mexique.
Comme eux, Maurice Durville explore le pays, une terre mythique qui évoque le monde préhispanique, les conquistadores, la révolution, les fêtes colorées.
La vie urbaine d’abord, avec l’énergie trépidante de Mexico. Il prend le pouls de cette ville qui compte déjà plus de huit millions d’habitants, son centre historique, le Zócalo et la cathédrale, ses rues animées. Il flâne dans la cité précolombienne de Teotihuacán . Puis il découvre les aspects de la campagne, son agriculture, les coutumes et traditions populaires, la fierté de la population indienne du Chiapas.

Dans la spontanéité de la découverte du pays et d’une nouvelle culture, le photographe transpose par l’image ses sensations : ambiances, musiques, odeurs,... Objets, matières, couleurs, lumières, tout semble l’interpeller.
Maurice Durville joue du graphisme des paysages et de l’architecture ; des cactus aux pyramides meso-américaines. Au fil de ses déambulations, il observe les personnages qu’il croise. En bon photographe de rue, ses clichés ne sont pas posés. Ils sont dus au hasard des rencontres, à l’éphémère des situations.
Scènes de rue, vendeurs de tacos, spectacles de danse précolombienne, mariachis, rites religieux empreints de mysticisme, artisanat indigène, corridas, combats de coq, etc. tout est pour lui sujet photographique.

Saisissant l’identité culturelle du pays Maurice Durville permet aux spectateurs que nous sommes aujourd’hui d’être transportés dans le rythme haletant de la vie mexicaine de 1970.