Maison Veuve Ambal


Depuis 2011, la Maison Veuve Ambal  participe à l'enrichissement des collections du musée en soutenant sa politique d'acquisition.
Le musée expose trois fois par an des images extraites de son fonds sur des thèmes divers au siège de la société à Montagny-les-Beaune.

Maison Veuve Ambal
Le Pré Neuf
21 200 Montagny les Beaune
03 80 25 90 81
www.veuveambal.com

Ouvert du lundi au samedi toute l’année
et le dimanche du 31/03 au 17/11
Horaires 10 h … 13 h / 14 h … 19 h
Entrée libre

Autour d'un clocher


vie rurale au tournant du XXe siècle
Collections du musée Nicéphore Niépce
jusqu'au 15 juin 2019

Dans l’histoire de la France rurale, la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle apparaissent comme le temps des mutations. La vie à la campagne au rythme des saisons et aux habitudes séculaires survit encore, mais peu à peu la vie quotidienne des paysans, artisans et petits commerçants évolue. Les conditions de vie et les coutumes changent, pour la culture des terres on passe lentement de la seule force animale ou humaine à la mécanisation, les territoires subissent les prémices du dépeuplement…

Le développement de la pratique de la photographie amateur correspond à cette même période. Si l’amateur, " celui qui cultive les beaux-arts sans en faire sa profession ", existe depuis l'invention de la photographie, son développement s'amplifie avec la simplification des procédés, particulièrement grâce aux plaques au gélatino-bromure d'argent.

L’amateur est alors un personnage aux connaissances scientifiques développées – notamment en chimie -, relativement aisé – le matériel est encore très onéreux -, disposant d’un logement susceptible d’accueillir un laboratoire, et de beaucoup de temps libre. Ses prétentions esthétiques sont élevées et ses photographies sont inspirées par les artistes de l’époque.

La fin du XIXe est marquée en effet par une ferveur pour les sujets ruraux. Dans la littérature, la campagne est au cœur de romans majeurs : Les Paysans de Balzac (1845), La mare au diable de George Sand (1846), ou encore La terre de Zola (1887)… Pour les peintres également la période est une rupture. Ils quittent les ateliers pour peindre en plein air. A la campagne, ils observent et rlèvent des paysages et des scènes réalistes de la vie quotidienne, ce que l’on appelle des scènes de genre. Rosa Bonheur, Labourage nivernais (1849), Jean-François Millet, Des glaneuses (1857), ou Jules Bastien-Lepage, Les foins (1877), pour ne citer que ces trois exemples d’œuvres picturales incarnant le regard des artistes de cette époque : celui de la mise en avant d’une vie paysanne rude, mais simple et digne.

L’exposition se propose d’explorer le sujet à travers les fonds de photographes amateurs de cette époque conservés au musée Nicéphore Niépce, et notamment le regard de Joseph Suchet à Seurre en Côte d’or.

Joseph Suchet est fils de confiseur et rentier. Ses mœurs bourgeoises l’inscrivent dans le profil type des photographes amateurs de la période. Imprégné de l'exemple des artistes peintres, et plus particulièrement de Louis Carbonnel dont il est proche, le photographe ne se lasse pas d’enregistrer sur le support sensible les modes de vie et savoir-faire traditionnels de la vallée de la Saône en Côte d’or.

Bien que l’instantané n’en soit qu’à ses prémices, le photographe réussit à immortaliser l’effervescence de la moisson, cette activité cruciale de la vie paysanne qui mobilise les campagnes pendant la période estivale. Même si les femmes y participent, leur activité est essentiellement domestique ; lessives au bord du ruisseau, élevage des animaux, marché, ... Les enfants prennent part à la vie de la ferme, profitent de la rivière pour s’amuser,… Le photographe enregistre tous ces instants de vie sur ses plaques sensibles…

Loin de la simple fonction documentaire attribuée à la photographie depuis son invention, les photographes amateurs du tournant du XXe siècle sont adeptes de la « photographie artistique ». Ils créent des images pour susciter chez le spectateur une émotion esthétique.

Au-delà de la richesse de l’inspiration des photographes et de la grande qualité technique de réalisation de leurs prises de vue, l’exposition nous permet aussi de revivre cette vie paysanne aujourd'hui disparue.