L’invention de la photographie

Joseph-Nicéphore Niépce (1765-1833) fut un inventeur malchanceux dont les mérites ne furent reconnus que bien après sa disparition. Associé à Louis Daguerre (1787-1851), il mourut trop tôt pour voir le fruit de leurs travaux communs consacré. En 1839, Arago présenta au monde la photographie comme l’invention du seul Daguerre.

Le musée expose différents objets issus du laboratoire de Niépce, particulièrement des héliographies (du grec hélios , soleil et graphein , écrire). Pièces uniques réalisées par Niépce lui-même, elles sont considérées comme les premières photographies (le terme de photographie ne fit son apparition qu’en 1839 lors du discours de François Arago à l’Académie des sciences). Pour enregistrer une image héliographique, Niépce recouvrait une plaque métallique de bitume de Judée dissout dans de l’essence de lavande. La plaque devenait alors sensible à la lumière. Une fois sèche, elle était placée dans une chambre noire, une camera obscura , puis exposée à la lumière durant de longues heures. L’image captée restait latente ; pour apparaître, la plaque devait être plongée dans un bain qui dissolvait les parties du bitume peu exposées (le bitume fortement exposé durcissant et devenant insoluble).

La plus ancienne héliographie recensée date de 1826 et se trouve aujourd’hui dans les collections de l’université du Texas à Austin. Intitulée Le Point de vue du Gras , elle représente un paysage saisi non loin de Chalon sur Saône. L’image est fixée sur une plaque d’étain à l’aspect miroitant qui la rend peu lisible. Cette pièce unique est reproduite au musée Niépce grâce aux technologies numériques, par le biais d’un écran plat manipulable par le visiteur. Les technologies actuelles, mises au service d’un film sur l’invention, aident à mieux comprendre le processus initial de Niépce.